Quelles sont les conséquences de l’utilisation des teintures chimiques ?

Quelles sont les conséquences de l’utilisation des teintures chimiques ?

L’utilisation de la couleur dans la conception des vêtements est un facteur clé pour attirer les consommateurs - c’est la toute première chose que l’on voit d’un vêtement. Cependant, c’est une des étapes les plus polluantes du processus de production.

On a découvert que 20% de la pollution mondiale de l'eau douce provenait du traitement par voie humide (ennoblissement) de l'industrie textile.

L’ennoblissement regroupe toutes les étapes de prétraitement, de blanchiment, de teinture, d’impression et de finition des textiles – il s’agit d’un processus très intensif en eau et en produits chimiques (agents de fixation). Badant.

En effet, les teintures synthétiques - par exemple les teintures dispersées, réactives, acides et azoïques – sont utilisées en grande majorité par l’industrie textile.

Mais pourquoi ne pas utiliser de teintures naturelles ? Tout simplement car les teintures synthétiques sont produites en plus grande quantité et permettent d’obtenir des couleurs plus vives. Obviously.

La question à 1 milliard

Mais pourquoi la couleur - cette composante fondamentale de la production de la mode - est-elle autorisée à polluer les systèmes d'eau du monde entier ?

Et bien parce que malheureusement l'élimination des eaux usées est rarement réglementée, respectée ou contrôlée. Cela signifie que les grandes marques et les propriétaires d’usines eux-mêmes ne sont pas tenus de rendre des comptes lorsqu’ils rejettent une grande partie de ces eaux usées dans la nature sous forme de déchets toxiques - contenant des colorants résiduels et des produits chimiques dangereux. Of course.

Et notre santé dans tout ça ?

Les colorants azoïques comptent parmi les colorants les plus populaires pour les textiles (60 à 70% des 800 000 tonnes de colorants produits par an).

Ils le sont principalement parce qu'ils peuvent être utilisés à des températures plus basses que les alternatives sans azoïque, et permettent d'obtenir des couleurs plus vives et plus profondes

Mais la bad news c’est que certains sont répertoriés comme cancérigènes et, dans certaines conditions, les particules de ces colorants peuvent se cliver (produisant des substances potentiellement dangereuses connues sous le nom d'amines aromatiques).

En Chine, plus de 70 % des rivières sont polluées (selon le documentaire River Blue), ce qui signifie qu'une grande partie des 1,4 milliard d'habitants du pays ne peut pas avoir accès à de l'eau non contaminée.

Les eaux souterraines sont elles aussi contaminées, ce qui rend les puits dangereux pour la collecte d'eau destinée à la consommation domestique.

Des milliards de tonnes d'eaux usées sont expulsées par des usines sans être traitées, ce qui réduit l'oxygène dissous dans les cours d'eau à des niveaux incapables de maintenir la vie.

Au Bangladesh aussi, le déversement des eaux usées de l’industrie est important : plus de 4 000 millions de litres chaque jour, un nombre équivalent à 20 000 piscines olympiques ! Wow...

Et comme si ça ne suffisait pas, on y retrouve souvent de l’arsenic.

L’OMS a déclaré que "les niveaux d'arsenic au Bangladesh ont contribué à l'empoisonnement massif le plus important de l'histoire", touchant environ 30 à 35 millions de personnes dans le pays.

Bon, mais concrètement à notre échelle, on fait quoi ? 

Déjà, on n’oublie surtout pas de laver nos vêtements avant de les porter pour la première fois. Ce premier lavage permet de se débarrasser des molécules toxiques pour la peau, notamment les NPE.

Ensuite, on soutient les marques qui font les choses bien et qui utilisent des teintures naturelles pour donner de la couleur à leurs vêtements. 

Enfin, on surveille les étiquettes de composition et on cherche les certifications Ecocert Textile ou Oeko-Tex Standard 100  qui assurent que les vêtements que l’on achète n’ont pas subi de traitement nocif.

Et puis on peut toujours faire pression sur les marques qui utilisent des teintures polluantes en utilisant le #whatsinmyclothes, lancé par Fashion Revolution.

Si le sujet vous intéresse vraiment, jetez un coup d’œil à la (géniale) campagne Detox de Greenpeace qui fait pression sur les marques pour qu'elles réduisent et éliminent les produits chimiques de leur production.


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