Quel est le véritable impact des microplastiques ?

En 2017, selon un rapport des Nations Unies, les océans contenaient 51 trillions de particules de plastique, 500 fois plus que le nombre d’étoiles dans la galaxie. On sait que les microplastiques sont ingérés par la majorité des espèces marines, et qu’ils finissent ainsi parfois dans nos assiettes. Mais à quel point sont-ils nocifs pour nous ? 


On a cherché à connaître l’impact de ces particules plastiques sur notre corps et notre planète. 

Tout d’abord, quesako ?

Le terme microplastiques est apparu à la fin des années 2000. Il désigne les morceaux de plastique dont la taille est comprise entre 5 millimètres et quelques centaines de nanomètres. 

Pour vous donner une idée, c’est 70 fois plus petit que l’épaisseur d’un de vos cheveux.

 

D’où viennent-ils ?

Dès le début des années 70, de premières particules de plastique sont retrouvées dans les estomacs de poissons pêchés au large du nord-est des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Pas franchement rassurant.

Pour vraiment comprendre ce phénomène, il faut savoir qu’on distingue aujourd’hui les microplastiques primaires et secondaires. 

  • Les microplastiques primaires proviennent essentiellement du lavage des vêtements synthétiques et du frottement des pneus lors de la conduite. On estime qu’ils représentent entre 20% et 30%  des microplastiques présents dans les océans. 
  • Les microplastiques secondaires (les 70% restants proviennent de la dégradation d’objets en plastique plus grands tels que les sacs et les bouteilles en plastiques ou les filets de pêche. 

 

Combien y en a-t-il ?

Les recherches ont démontré que les particules retrouvées à la surface des océans ne représentent qu’une infime partie des plastiques rejetés dans la nature - entre 0,1% et 0,2% d’après les estimations. On ignore si le reste est absorbé, coulé, détruit,... 

 

Mais quel est le problème au juste ?

Les matériaux plastiques sont décomposés par la lumière du soleil, le vent, les vagues et la chaleur et se divisent en particules si petites que le plancton, les poissons et même les baleines les prennent pour de la nourriture.

Des observations ont prouvé que les microplastiques nuisent terriblement aux espèces aquatiques (en particulier les crustacés) : tube digestif bouché, appétit diminué, comportement alimentaire modifié. Résultat, ces espèces marines se reproduisent moins bien et certaines meurent de faim car leurs estomacs sont remplis de plastique. Un vrai drame.

Une partie de ces animaux se retrouvent dès lors dans la chaîne alimentaire. Mais ont-ils des répercussions sur nous lorsque nous consommons des produits de la mer ?

Difficile à déterminer, car le plastique se retrouve partout dans notre environnement - de l’air que nous respirons à l’eau du robinet ou en bouteille que nous buvons, jusqu’à ce que nous mangeons et ce que nous portons. 

De plus, le plastique n’est pas un matériau unique. On le retrouve sous différentes formes qui renferment de nombreux additifs. Certaines de ses substances chimiques sont des perturbateurs endocriniens et dérèglent le fonctionnement hormonal. Génial.

D’autre part, une grande partie de ces composés chimiques semblent affaiblir les animaux de laboratoire - à des niveaux que certains gouvernement considèrent toutefois sans danger pour l’Homme.

Mais les études sur ce phénomène ne font que commencer. Il est compliqué de vraiment évaluer les effets des microplastiques marins sur la santé humaine. En effet, les caractéristiques du plastique peuvent changer à mesure que les animaux de la chaîne alimentaire les consomment, les métabolisent ou les excrètent.

Le good point : une grande partie des particules étudiées semblent ne pas pénétrer les tissus musculaires - ce que nous mangeons - et rester dans l’intestin des poissons.

Cependant, les scientifiques restent préoccupés par les conséquences des microplastiques sur notre santé. Ces matériaux sont omniprésents et finissent par se fragmenter en nanoplastiques mesurant moins de 100 milliardièmes de mètre - et deviennent invisibles.

Ces minuscules particules peuvent pénétrer dans les cellules et se déplacer dans les tissus et organes, flippant. Cependant, les chercheurs n’ont pas de méthodes d’analyse nécessaires pour identifier les débris de microplastiques dans nos aliments. On ne possède donc aucune donnée sur la fréquence d'absorption des microplastiques dans notre corps.


Concrètement, que faire maintenant ?

En attendant que les États votent des interdictions concernant certains types de plastiques, en commençant par les plus problématiques, les chimistes peuvent élaborer des polymères biodégradables. 

Les industries et les gouvernements peuvent développer plus d’infrastructures pour récupérer et recycler les plastiques avant qu’ils ne finissent dans la nature.

Et nous, consommateurs ? On peut commencer par remplacer le jetable par le durable. Adios les sacs de courses, les brosses à dents et les emballages de cosmétiques en plastique.

Et puis essayer de remplacer la majorité de nos trajets en voiture par du vélo ou de la marche. #easy

Côté shopping, il suffit d’arrêter d’acheter des vêtements en matière synthétiques fabriqués à base de pétrole. Bon vent le polyester et l’acrylique

“Et pour ceux qu’on a déjà?” vous direz nous ? Vous pouvez vous procurer un sac Guppy Friend pour mettre votre pull préféré en polyester dedans pendant le lavage en machine. Cela permettra de ne laisser passer aucune microfibre de plastique dans les océans. Super move écolo

Vous l’aurez compris - une course contre la montre est à mettre en place au plus vite afin d’apporter des réponses et lutter contre cette nouvelle forme de pollution. La seule certitude que nous avons, c’est qu’il est quasi impossible (#nejamaisdirejamais) de récupérer les microplastiques déjà présents dans nos océans. Il est donc indispensable de limiter (voire supprimer totalement !) en amont notre usage du plastique dans la vie quotidienne. 


Allez, à vous de jouer !

1 commentaire

veronique de POMMERY

Bravo !!!

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